Salades de saison

Un citron un pain un rayon de soleil une lame de fond six musiciens (...) un autre raton laveur.

12 novembre 2006

De la vie de Jésus

jesus_20south_20parkNé dans une famille d’agriculteurs zurichois expatriés en Italie, tendrement chéri quoiqu’il fût de père inconnu, Jez (de son vrai nom Jésus) connut une enfance paisible, seulement marquée par son obstination à chasser ses petites camarades d’école dès lors qu’il les voyait occupées à jouer à la marchande assises sur les marches d’un temple.

Adolescent, Jez se distingua par son don pour les sciences. Las, s’amusant innocemment avec la boîte de Chimie Amusante reçue pour ses quinze ans, il déclencha à distance l’éruption du Vésuve.

Dès lors, il fût décidé que l’enfant ne recevrait plus de cadeaux d’anniversaire. Pour accentuer la punition, les autres membres de la famille prirent cruellement l’habitude de s’offrir ce jour-là des présents entre eux. La pratique se généralisa lorsqu’une cousine de Jez, devenue chanteuse à la mode grâce à une émission populaire sous le pseudonyme de Nolwenn, l’évoqua dans une interview. Son nom fut donné à la fête, puis se déforma à travers les âges, passant de Nolwenn à Nowel, puis Noël.

En proie à un lot considérable de moqueries suite à l’échec de sa carrière scientifique, Jez abandonna cette dernière alors même qu’il était sur le point de découvrir la relativité et la radioactivité.

Il développa de plus une inénarrable patience, laquelle est bien illustrée par l’anecdote suivante : ayant convié quelques magnats de l’économie à un souper amical, ceux-ci ne se satisfirent pas de l’eau qui emplissait la carafe posée sur la nappe damassée, pourtant puisée dans le Jourdain. Jez eut beau proposer moult eaux plates ou gazeuses, aucune ne trouva grâce à leurs yeux. Ce fut à cet instant qu’ils conçurent l’idée aussi neuve qu’inepte de l’eau Taillefine 0%. Jésus, quant à lui, changea l’eau en vain.

Selon certaines sources, il finit ses jours crucifié, mais de récentes découvertes suggèrent plutôt qu’il s’agit là d’une traduction erronée du terme grec « cruciverbiste ». Une fois ressorti de la grotte où il s’était retiré pour œuvrer en paix à ses jeux de l’été force 3, Jez réapparut parmi les vivants nanti, dit-on, d’un nouveau concept : le sudoku. Mais la vilaine Église chrétienne dissimula l’information jusqu’à l’an de grâce 2005 (pour plus d’explications, voir le Da Vinci Code.)

De nos jours, pour commémorer le retour de Jez parmi nous, tout le monde cache des œufs, des gallinacés et des lapins, ce qui tend à prouver que Jésus était lui-même agriculteur, le tout en chocolat en hommage à ses origines suisses.

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11 novembre 2006

Du nouvel anti-conformisme

L’anti-conformisme, de nos jours, consiste à avouer qu’on n’aime pas Émilie Simon.

Avec sa voix sucrée à l’aspartame, sur fond de cliquetis d’instruments qui n’existent pas, la voilà encensée par la vox populi. Toutes les ondes la diffusent, y compris les radios rock (oxymore musicale…)

J'ai du mal à supporter ces consensus nationaux qui font aduler un artiste par tous : tous les goûts individuels, classes sociales, tranches d’âge, affinités culturelles confondus.

L’aspect soft et inoffensif d’une Émilie Simon, d’un Marc Lévy ou du film ’L’esquive’ n’incite pas à se sentir menacé. Mais la pensée unique est toujours détestable ; elle signifie toujours appauvrissement.
De plus en plus elle nous dit aussi ce qu’on est censés conspuer.

Quant à Émilie Simon, elle fournit une occasion de plus de huer les américains, ces barbares ignares et sans raffinement qui ont osé, rendez-vous compte, supprimer sa musique de la BO de ‘La marche de l’empereur’, (mais que fait l’ONU ?) (a-t-on au moins pensé à consulter les acteurs ?)

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04 novembre 2006

Luke

B000AP1LP8Dans les recherches google, il arrive avant le maître de Jolly Jumper, et largement avant le fils naturel de Dark Vador.

En mettant La tête en arrière, Luke a trouvé le succès. C’est fort, rock, rauque, avec quelques accents plus softs.

Les critiques musicales disent de Luke, en substance, qu’il ressemble à Noir Désir, et Noir Désir c’est bien parce que tout le monde il aime Noir Désir, alors Luke c’est bien aussi, mais copier c’est mal alors Luke tout de suite c’est moins bien. Elles l’assimilent aussi à Miossec (?), voire à Vincent Delerm (??) ou les White Stripes (…)

Les critiques musicales font souvent ça. C’est pratique, ça leur évite de chercher des qualificatifs, et puis c’est une technique imparable. Si je vous dis que tel artiste est à mi-chemin entre Rammstein, Jean-Sébastien Bach et la Compagnie Créole, je peux vous parler de n’importe qui, vous aurez du mal à réfuter.

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02 novembre 2006

Pub (ou presque)

puffDans mon nouvel appartement, T1bis de son nom de code (tournez à gauche juste après la station-service), j’ai mis un futon rouge bonbon, une console -où on ne peut pas jouer à Super Mario Bros puisqu’elle est en chêne, avec des portes vitrées- et un lit de la taille d’une piscine.

J’ai donc passé moult après-midi où j’aurai pu aller voir U à arpenter les rayons d’Ikea.

A Ikea, ce que j’aime, c’est
qu’on peut longuement tester tous les canapés/poufs/machins mous
qu’ils servent du renne au restaurant
les noms de baptême alambiqués des produits, qui donnent lieu à des dialogues en sino-culino-scandinave du style : « Tu en penses quoi, pour la table ? Plutôt Jokkmokk ou Vika Curry ? Pour le divan je verrais bien le petit Poäng… »

A Ikea, ce que je n’aime pas, c’est l’after. Comprenez le moment où il faut se triturer méninges et ongles pour comprendre pourquoi la vis F, une fois accouplée avec l’écrou Z, ne rentre PAS dans ce [mettez ici l’injure de votre choix] de trou 3, et pourquoi les dessinateurs industriels suédois n’ont pas la moindre notion de ce qu’est la perspective.

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30 octobre 2006

De l'ennui et autres désagréments

J’ai découvert il y a peu une nouvelle fonctionnalité initiée par la SNCF : le WebCast littéraire (sic).

Bestiole_SNCF

Le préservatif tricéphale ci-contre est, dieu sait pourquoi, l’emblème de la nouveauté.

En gros, il s’agit d’aller sur le site SNCF télécharger des extraits audio de romans pour les injecter dans son lecteur mp3 (dont le citoyen lambda est supposé dûment pourvu) en prévision de son voyage ferroviaire.

Passons sur le fait que la SNCF, avant de se préoccuper d’agrémenter les voyages des usagers, ferait mieux de faire en sorte que les correspondances à prendre ne soient plus des utopies massacrées à coup de « nous vous informons que ce train va connaître un retard inconnu ».

Bref j’ai testé un extrait dont l’écoute s’est révélée singulièrement éprouvante. La voix de la demoiselle est pourtant agréable (sans les bruits visqueux de déglutition qui caractérisaient les textes d’anglais qu’on me faisait écouter en prépa)… mais combien insupportable est l’intervalle de deux secondes de silence dont elle se croit obligée de ponctuer une phrase sur deux, dans le but évident de ménager un effet théâtralement dramatique !

C’est qu’on s’ennuie en deux secondes. Deux secondes d’ennui toutes les 10 secondes, autant compter les vaches par la fenêtre.

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29 octobre 2006

Nos amis les humains

«  Parrainez un enfant.
Il sera nourri, soigné, scolarisé. 23 programmes de développement. »
Annonces Google

Je ne sais pas vous, mais ça me fait penser à ces jeux de simulation en ligne dont Kochonland a été le pionnier, où on élève un pingouin (liveonbankiz.org), un dragon (elevezundragon.com), un dindon (dindonisland). Mais, hélas, pas de raton-laveur.

Sauf que là on dirait une pub à usage d’internautes extra-terrestres.

« Élevez un enfant virtuel ! Le plus mignon des petits animaux de notre galaxie.

Chaque joueur gère une exploitation composée d'une maisonnette rurale, d’un appartement, ou d’une hutte sur pilotis (pour 5 schnitzurgrs de plus, obtention au choix d’un jardin, d’un stepper ou d’une pirogue).
L’éleveur est propriétaire d'un enfant. Il doit éditer un faire-part cucul-la-pralino-sentimental, le nourrir sans le gaver, le laver sans le noyer, l'habiller sans l'étouffer. Mais aussi : dormir 3 heures par nuit quand il fait ses dents, supporter les ôkilémeugnooon de ses collègues et amis. Pour atteindre le niveau 2, il vous faudra lui dégotter une place en crèche (N.B. pour les joueurs ayant choisi l’option grande ville : tous les coups sont permis mais la lutte sera âpre) (pour 5 schnitzurgrs de plus, obtenez une nounou à domicile).

Pour passer du niveau 2 au niveau 3, il faut avoir appris à son enfant à aller sur le pot.
Pour passer au niveau 4, l'éleveur devra scolariser son enfant. Attention, oublier son enfant à la sortie de l’école vous expose à être disqualifié.
Pour passer au niveau 5, il vous faudra vous rendre aux réunions parents-professeurs, lui bâtir une cabane dans le jardin et gérer le déferlement d‘une douzaines de cow-boys et d’indiens pour son anniversaire.

Enfin au niveau 5, tout se corse, il vous reste à lire des brochures sur la dépression chez les adolescents à et l’empêcher de tenir un skyblog. »

Posté par _Uba à 16:24 - Rubrique-à-brac - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 octobre 2006

Tout a un début

JF ch. mode d’emploi pour se présenter en quelques lignes en évitant 1)de tomber dans le narcissisme 2)de raser le lectorat potentiel.

Disons que j’aime :
   créer des bestioles en papier plié
      passer des heures sur des blocs BD
         voir Daria exercer sa verve cynique dans la série du même nom
            manger des M&M’s en commençant par les bruns et les bleus.

Et ceci est mon blog.

Les mots « lol », « kikoo », « mdr » et « Natasha Saint-Pierre » sont formellement interdits dans les commentaires, sous peine de censure tyrannique et arbitraire.

Posté par _Uba à 19:16 - Me, myself & I - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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