Salades de saison

Un citron un pain un rayon de soleil une lame de fond six musiciens (...) un autre raton laveur.

13 décembre 2006

Râlerie et pédagogie

413_000_20jocondeCadre : un musée en briques roses où je devais conduire une classe pour une visite-atelier.

Consciencieuse, je vais y chercher à l’avance la valise pédagogique fournie par le musée, m'imaginant (naïvement) qu’elle fourmille d’activités ludiques et éducatives, et de pistes pour développer les compétences artistiques des chères têtes blondes-black-beures.
L’idéal pour moi, qui ai les dons artistiques d‘un grille-pain.

Or donc, que trouvé-je à l’intérieur ?

Des reproductions d’œuvres de la taille d’une carte à jouer :

« Nature morte au gibier mort » de Willem Van Aelst, 
         « Saint Mathieu écorché vif »,
                et des dizaines d’odalisques aussi nues (mais plus replètes) que                              Clara Morgane dans Play-Boy.

ET SURTOUT : zéro pistes pédagogiques, aucune idée d’activités, rien sur la manière de conduire l’observation d’une œuvre, nothing, nada, pas un mot d'écrit.

Une valise aussi pédagogique que les bisounours sont violents et que Lepen est de gauche.

Au final cette malheureuse mallette est on ne peut plus révélatrice de quelque chose qui m’EXASPERE au plus haut point.
La plupart des gens, de nos jours, croient que préparer une séance consiste à réunir le matériel nécessaire, point barre.

La plupart des gens croient qu’enseigner ne requiert rien qui doive s’apprendre.

Et (corollaire) qu’à notre place ils feraient, sans qualification, largement aussi bien pour l’éducation de nos chères têtes blondes-black-beures.

Ainsi des gens incapables de différencier un infinitif d’un participe passé vont déclarer qu’il est facile d’enseigner en primaire, car il n'y faut pas de connaissances particulières (sans déc’).
Des parents qui n’arrivent pas à gérer leur unique petit monstre mal éduqué à la maison vont s’indigner que son professeur peine à le mettre au travail, alors qu’il en a 25 de la même farine, voire pire, à gérer en même temps.

Un peu de bon sens, amis du musée et d’ailleurs. Des œuvres d’art, on en trouve sur Google. Quant à la manière d’enseigner de manière rigoureuse, attrayante et profitable à tous, s’y elle s’y trouvait aussi, ça se saurait.

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11 novembre 2006

Du nouvel anti-conformisme

L’anti-conformisme, de nos jours, consiste à avouer qu’on n’aime pas Émilie Simon.

Avec sa voix sucrée à l’aspartame, sur fond de cliquetis d’instruments qui n’existent pas, la voilà encensée par la vox populi. Toutes les ondes la diffusent, y compris les radios rock (oxymore musicale…)

J'ai du mal à supporter ces consensus nationaux qui font aduler un artiste par tous : tous les goûts individuels, classes sociales, tranches d’âge, affinités culturelles confondus.

L’aspect soft et inoffensif d’une Émilie Simon, d’un Marc Lévy ou du film ’L’esquive’ n’incite pas à se sentir menacé. Mais la pensée unique est toujours détestable ; elle signifie toujours appauvrissement.
De plus en plus elle nous dit aussi ce qu’on est censés conspuer.

Quant à Émilie Simon, elle fournit une occasion de plus de huer les américains, ces barbares ignares et sans raffinement qui ont osé, rendez-vous compte, supprimer sa musique de la BO de ‘La marche de l’empereur’, (mais que fait l’ONU ?) (a-t-on au moins pensé à consulter les acteurs ?)

Posté par _Uba à 08:36 - Coup de djeule - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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