15 avril 2008
Les mitaines
J'ai adopté un chat. Juste avant d'aller le chercher, j'ai parlé, dieu sait pourquoi, de mitaines avec je ne sais qui, et m'est tout-à-coup revenu le souvenir d'une chanson que me chantait ma mère, qui parlait de mitaines et de chatons. Impossible de m'en rappeler le moindre début d'air ou bout de paroles, mais j'étais sûre qu'elle me l'avait chantée, et que j'adorais l'entendre. J'ai cherché sur internet, écouté. Et ça m'est revenu.
Trois p'tits minous, p'tits minous, p'tits minous
Qui avaient perdu leurs mitaines
S'en vont trouver leur mère
« Maman, nous avons perdu nos mitaines
- Perdu vos mitaines ?
Vilains petits minous, vous n'aurez pas de crème ! »
Trois p'tits minous, p'tits minous, p'tits minous
Qui avaient r'trouvé leurs mitaines
S'en vont trouver leur mère
« Maman, nous avons retrouvé nos mitaines
- Retrouvé vos mitaines ?
Gentils petits minous, vous aurez plein de crème ! »
Ca fait peut-être 20 ans que je ne l'ai pas entendue.
14 avril 2008
Textures
Promener le bout de ses doigts sur
un citron
du sable sec
du papier glacé
un pull en laine vierge
la terre nue
une noix de coco
du métal froid
une fougère
une gomme neuve
le ventre de son chat.
13 avril 2008
Come-back
Imaginez un petit rectangle typographique accroché au-dessus de ma tête.
Un an plus tard, dirait-il.
Un an plus tard je reprends ce blog.
17 mars 2007
Odeurs
Une bande dessinée neuve
La pâte à modeler
Des effluves de café
Un bol de cacao
L'herbe fraîchement tondue
La crème Nivéa
Un meuble en pin
L'eau vive
Un vieux livre poussiéreux
La frangipane
13 janvier 2007
L'élégance du hérisson- Muriel Barbery
Dodue quinquagénaire, Renée se retranche derrière son emploi de concierge et s’applique à en figurer le parfait archétype (obtuse, un brin revêche, gavée de programmes télévisés.)
Mais si Renée se love dans sa solitude, c’est pour mieux y goûter ses pêchés mignons : la littérature russe, les films d’art japonais, les sonates de Brahms et la peinture hollandaise.
Son regard avisé se promène sur le petit monde bourgeois qui peuple l’immeuble confié à sa garde, de la jeune pimbêche sorbonnarde à l’épouse de politicien hypocondriaque.
Au troisième étage, une petite personne de douze ans écrit des haïkus et est bien décidée à se suicider dans l’année pour s’éviter la vacuité de l’âge adulte.
En coulisse, un nouveau locataire encore inconnu attend de compléter le trio pour, peut-être, percer à jour l’armure de l’une et faire dévier le chemin de l’autre.
24 décembre 2006
Joyeux potlatch à vous
Le potlatch (mot chinook signifiant "donner") est un comportement culturel qui existait dans les tribus du monde améridien.
Il se pratiquait sous la forme d'une cérémonie plus ou moins formelle et basée sur un système de dons/contre-dons.
En philosophie, il renvoie à la notion de dépense pure.
Ca ne vous rappelle rien ?
Une différence cependant avec notre 25 décembre...
Les amérindiens recevaient leurs dons avant de distribuer les leurs. Au contraire nous devons débarquer au pied du trio sapin-dinde-bûche dûment munis de cadeaux équivalents à ceux des autres participants mais sans savoir en quoi consistent ces derniers.
Chaque année, c'est le même périlleux exercice de divination.
Pleurez, mes amis, car le potlatch n'est plus ce qu'il était.
14 décembre 2006
Sim(ple) City
Il y aurait beaucoup à dire sur un monde où il suffit de claquer des doigts pour changer la couleur du papier peint (oui, Mary Poppins a trouvé son maître), de lire un manuel pour devenir cuisinier modèle, et où être gros signifie avoir une légère couche moelleuse encerclant l’abdomen sans se départir du kit de base jambes_fuselées + épaules_étroites.
Sociologiquement, c’est le temps où le joueur se lasse qui est intéressant.
Vous voulez vous débarrasser de vos Sims ? La technique courante consiste à les inciter à se délasser dans la piscine, avant de leur retirer l’échelle.
Historiquement, cette technique de jeu a été directement inspirée de Dieu le Père, qui lorsqu’il en a eu assez de gérer ses personnages a également fait reset à grands coups de flotte (en sauvegardant uniquement le dossier noé.jpg dans un coin de disque dur).
Il est pourtant plus jubilatoire d’organiser des vaudevilles du troisième type (l’homme découvre sa jeune épouse, militaire de carrière et enceinte jusqu’aux yeux, le trompant avec une voisine retraitée, dans la cuisine).
Ou alors, on peut plutôt aller guerroyer à grands renforts de balistes, établir des routes de l’or et conquérir des continents dans le monde sans scrupules et sans pitié d’Age Of Empire.
13 décembre 2006
Râlerie et pédagogie
Cadre : un musée en briques roses où je devais conduire une classe pour une visite-atelier.
Consciencieuse, je vais y chercher à l’avance la valise pédagogique fournie par le musée, m'imaginant (naïvement) qu’elle fourmille d’activités ludiques et éducatives, et de pistes pour développer les compétences artistiques des chères têtes blondes-black-beures.
L’idéal pour moi, qui ai les dons artistiques d‘un grille-pain.
Or donc, que trouvé-je à l’intérieur ?
Des reproductions d’œuvres de la taille d’une carte à jouer :
« Nature morte au gibier mort » de Willem Van Aelst,
« Saint Mathieu écorché vif »,
et des dizaines d’odalisques aussi nues (mais plus replètes) que Clara Morgane dans Play-Boy.
ET SURTOUT : zéro pistes pédagogiques, aucune idée d’activités, rien sur la manière de conduire l’observation d’une œuvre, nothing, nada, pas un mot d'écrit.
Une valise aussi pédagogique que les bisounours sont violents et que Lepen est de gauche.
Au final cette malheureuse mallette est on ne peut plus révélatrice de quelque chose qui m’EXASPERE au plus haut point.
La plupart des gens, de nos jours, croient que préparer une séance consiste à réunir le matériel nécessaire, point barre.
La plupart des gens croient qu’enseigner ne requiert rien qui doive s’apprendre.
Et (corollaire) qu’à notre place ils feraient, sans qualification, largement aussi bien pour l’éducation de nos chères têtes blondes-black-beures.
Ainsi des gens incapables de différencier un infinitif d’un participe passé vont déclarer qu’il est facile d’enseigner en primaire, car il n'y faut pas de connaissances particulières (sans déc’).
Des parents qui n’arrivent pas à gérer leur unique petit monstre mal éduqué à la maison vont s’indigner que son professeur peine à le mettre au travail, alors qu’il en a 25 de la même farine, voire pire, à gérer en même temps.
Un peu de bon sens, amis du musée et d’ailleurs. Des œuvres d’art, on en trouve sur Google. Quant à la manière d’enseigner de manière rigoureuse, attrayante et profitable à tous, s’y elle s’y trouvait aussi, ça se saurait.
12 décembre 2006
Le Kamasutra du IIIe millénaire
Laurel et Hardy, Tic et Tac, Chapi-Chapo, sex et web, web et sexe.
Prise de conscience : au lycée, en voyant les garçons se ruer au CDI pour surfer avidement -sous couvert d’exposés sur les Lumières, la CEE ou, mieux, la condition féminine.
En parallèle : nos naïves boîtes mails qui déroulent quotidiennement leur panel de spams, lesquels expliquent qu’il est si simple dans notre Meilleur des Mondes d’acquérir pour quelques dollars un générique du viagra / un sexe rallongé de 25% / des éjaculations explosives (sic) / des orgasmes à répétition / une épouse des Pays de l’Est / …
Sans parler des fenêtres du même acabit qui explosent intempestivement sur l’écran du PC comme les paquets du schtroumpf farceur.
(En concurrence sévère, il est vrai, avec Meetic, IBM et Isabella Voyance.)
L‘une d’entre elle a suscité chez moi l’intérêt de l’ethnologue qui flaire le rituel social méconnu.
« Vous cherchez : asphyxiaphilie, marquage, torture des seins, balles chinoises, coprophilie, oreilles, jeux pyro, infantilisme/couches, jeux au couteau, lactation, fétiches des pieds, religion, sexe pendant la menstruation, accessoires médiévaux. »
(ainsi qu’une interminable liste de la même farine).
Catégories diversifiées dont je méconnaissais l’existence même.
Loin de moi l’idée de fustiger les pratiques personnelles (et je ne suis pas plus puritaine que la liberté individuelle n’est un concept vide de sens), mais néanmoins, je me demande : le site a beau prétendre promouvoir des « modes de vie différents », je me demande si des pratiques comme les jeux au couteau ou pyrophiles peuvent être publicisés en toute légalité…?
11 décembre 2006
2 l'utiliT de lortograf
« Je t’aimerais toujours » a gravé un jeune homme sur le ciment de l’aire d’autoroute où on s’était arrêtés pour que ma soeur et le chien puisse dégourdir leurs six guibolles.
Je t’aimerais toujours…
…Si et seulement si tu m’obéissais sans moufter ?
Si tu voulais bien faire l’amour tous les soirs déguisée en contrôleuse des postes ?
Si tu perdais 35 kg et arrêtais de rire comme une pintade ?
Sous-entendu, en l’état actuel des choses on n’est pas partis pour les noces de diamant au Lion d’or avec discours de la cousine Armande.
Soit l’exact contraire de ce que le type a voulu exprimer.
CQFD.


